vendredi 4 avril 2014

Episode 6

l'emblème de Seattle : la Space Needle

Chihuli Garden and Glass

Seattle depuis la Space Needle : où sont les arbres ?



entorse à la culture gastronomique française...

...très appréciée !

...pour ma maman



Vancouver, Stanley Park : oeuvres éphémères

Les équilibres parfaits : je n'y croyais pas, j'ai perdu mon pari avec Xtophe : il n'y a effectivement pas de colle !

C'est le printemps !

Bibliothèque principale de Vancouver

Terry Fox

Et voilà ! Après une semaine bien remplie, nous sommes redescendus de 9 étages dans un appartement tout joli et simple, clair et propre (après ménage intensif, auquel a échappé Tophe retourné en France pour 3 semaines, le lâche !) à 2 blocks de notre ancien « loft ». Finis la vue spectaculaire sur la montagne, les veillées à la lueur des gratte-ciel, nous sommes plus près de la terre, les arbres sont en fleurs dans toute la ville, et nous sommes réveillés par le chant des oiseaux ! Et pour rajouter à l'impression de nous sentir chez nous dans cette ville qui me séduit toujours plus, nous avons hérité de June, jolie minette tigrée que nous hébergeons pour 10 jours. Elle est arrivée avec une valise toute pleine de curiosités, (jouets, friandises spéciales chats) litière ultra sophistiquée, cage tout confort, instructions précises et exhaustives... Une vraie reine qui a aussitôt élu domicile sur le lit de Jean. Les Canadiens ont avec leurs animaux une relation qui laisserait notre Zen perplexe. Va falloir assurer pendant 10 jours !
Ah oui : avons aperçu au hasard d'une promenade nocturne dans la ville une mouffette (le skunk noir rayé de blanc de Bambi, ça vous dit quelque chose?). A admirer de loin de peur de se voir asperger d'une mixture très nauséabonde et dont il est pratiquement impossible de se débarrasser.
Autant pour la rubrique animaux.

Je vais toujours plus avant dans ma découverte du yoga, avec un plaisir renouvelé. Aujourd'hui, c'était séance Kundalini : 9h du matin, au moins 70 personnes dans une salle, une grande majorité de femmes, mais tout de même une bonne proportion d'hommes, chant de mantras (que je n'ai pu qu'approximativement répéter), musique indienne envoûtante, danses plus que postures, et puis tout le corps qui se laisse aller dans des gestes désordonnés au rythme de la musique, une grosse dame qui monte sur l'estrade et se déhanche auprès de notre sinueuse professeure, retour au calme instantané, postures plus classiques à tenir longtemps, longtemps, et puis méditation. Les messieurs remettent leur cravate, les dames leurs talons, pour aller au travail, corps et esprit nettoyés.

Si Jean acceptait de prendre la plume, il raconterait La Casa Gelato, un magasin de glaces géant et bon enfant qui propose 280 parfums, depuis la glace à l'algue, à l'ail, au wazabi, en passant par la barbe à papa, le chocolat noir, blanc, sucré, non sucré, avec ou sans pépites... Les couleurs sont hallucinantes ! Le simple fait de choisir prend une bonne demi heure. C'est Elsie, qui connaît Vancouver comme sa poche, et qui a eu la gentillesse de nous héberger en attendant que notre nouvel appartement soit disponible, qui nous a fait découvrir ce palais des glaces.
Nos explorations nous ont aussi conduits vers Downtown East Side, quartier où se retrouvent les SDF qui vendent, troquent, échangent à même le sol, sur des nappes colorées, le bric-à-brac récupéré dans la journée, ramènent les bouteilles consignées dans un grand hangar United We Can Recycling Depot, se rendent à la banque alternative où les personnes sans compte bancaire ont la possibilité d'encaisser un chèque perçu pour un petit boulot... Ici, le poste de police ressemble davantage à un centre social : des panonceaux indiquant des lieux d'hébergement, d'échange de seringues sont installés en vitrine. Beaucoup des habitués du quartier sont des handicapés mentaux ou physiques qui n'ont pas trouvé leur place dans des centres spécialisés et forment une véritable cours des miracles tout près du prestigieux centre ville de Vancouver.
Plus loin à l'est, la Commercial Drive, une des rares rues un peu sinueuses de Vancouver, bordées d'habitations ou magasins bas et colorés qui me rappellent un peu la vieille Europe. Un lieu populaire où se côtoient artistes, musiciens, restaurateurs, poètes, commerçants. Nous notons sur nos calepins d'aller un soir au café théâtre le Havana ou jouer du djembé en plein air, en cercle. Les vibrations sont bonnes pour le corps, nous affirme le responsable du magasin, et aucune importance si l'on n'a jamais joué. Ca tombe bien !
Nous entrons aux Deux Soleils, bar restaurant rustique, tables et bancs de bois, ambiance un peu hippie. C'est là aujourd'hui qu'a lieu notre cours de conversation en français hebdomadaire. Elsie fait de gros progrès. La vaisselle est à disposition, nous prenons une soupe délicieuse, du pain aillé. A côté de nous, une estrade : le coin des poètes. Si vous voulez lire ou déclamer en public le poème que vous avez écrit, RDV ce soir à 20h. La salle sera comble.
Dans un autre style (inspiré de l'architecture du Colisée, celui-là), la gigantesque bibliothèque principale du centre ville. On y trouve... tout ! Des conférences gratuites ou non sont régulièrement proposées à tous, les gens sans ordinateurs peuvent s'y rendre tous les jours, de 10h à 20h. Il y fait bon, et c'est merveilleusement clair.
A 2 pas, les statues de Terry Fox, cet athlète atteint d'un cancer des os à 18 ans, qui a grandi dans un quartier populaire de Vancouver. Afin de rendre espoir aux malades et faire avancer la recherche médicale, il se lance dans le Marathon de l'Espoir et tente, avec sa prothèse de la jambe, de relier Terre-Neuve à la Colombie Britannique. Il s'arrêtera en Ontario après avoir parcouru 5 373 km en 143 jours et mourra peu de temps après de son cancer en juin 1981. Le 1er septembre de chaque année, une grande fête est donnée en son honneur. Cette histoire m'a touchée.

Nous finissons la journée... à la fourrière. Le stationnement à Vancouver est un vrai cauchemar !

Comment se fait-il que l'atmosphère qui règne à Vancouver soit si différente de celle que nous ressentons aux Etats-Unis où nous sommes allés rendre visite à ma cousine et sa gentille famille qui habitent à Seattle ? Le passage de la frontière nous met aussitôt dans l'ambiance : 1h3/4 pour passer la frontière. En tant que Français, il nous faut descendre de la voiture, faire la queue 3/4h pour aller remplir un formulaire, faire une photo, prendre les empreintes, expliquer que, non, nous ne passons pas de nourriture aux Etats-Unis, et pourquoi les pommes dans votre coffre ? Euh, juste notre pique-nique. Et, vous n'êtes pas de Marseille, au moins, parce-que là-bas c'est la jungle. Les douaniers sont détestables, entraînés à l'être, et ne se privent pas de faire subir ce qu'ils ont appris aux pauvres clampins que nous sommes. Un mot à bannir : « Pourquoi ? » : Ne jamais demander à un douanier pourquoi il me demande de sourire alors qu'il a demandé l'inverse à tous les autres. Voilà une bonne raison de rester coincé la journée à la frontière. J'ai bien fait de me retenir.
Si à Vancouver les gens (beaucoup) courent à toute heure de la journée ou de la nuit, par tous les temps, font du yoga, sourient, ne possèdent pas d'armes et sont sveltes pour la plupart, il n'en est pas de même des Américains. La différence est flagrante, et nous avons grand plaisir à évoquer toutes ces particularités, et bien d'autres choses encore avec Christine, Grégory et leur 2 adorables petits qui, bien que résidant depuis des années à Seattle, conservent précieusement leurs traditions françaises tout en étant parfaitement intégrés dans la vie professionnelle canadienne. Merci à cette famille du bout du monde pour son accueil si chaleureux.

Et pour finir, allez voir la video de Janet Echelman qui a exposé quelques jours une de ses spectaculaires sculptures-filets entre 2 gratte-ciel à Vancouver. Nous y sommes allés le soir à vélo, Jean, Xtophe et moi. Surtout, j'ai aimé l'histoire de cette femme qui réussit à transformer un échec en succès, tout en conservant poésie, légèreté et simplicité. http://www.ted.com/talks/janet_echelman

L'épisode 6 touche à sa fin, nos amis. Prenez soin de vous, et savourez le printemps !


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