| Des canards ! Ca fait du bien ! |
| J'adore ! |
| Encore la vue de notre immeuble, avec la grue et l'immeuble en construction qui bientôt nous cachera la montagne enneigée... |
| Jardin Zen particulier, trop kitsch, trop drôle ! |
| Je ne m'en lasse pas... |
Chronique de notre petite vie canadienne. Si les détails vous ennuient, lisez en diagonale, et recevez juste de grosses bises de nous 3 !
Temps neigeux depuis 3 jours à Vancouver. Les montagnes se couvrent de blanc, mais la neige ne tient pas en ville.
Hier (dimanche) Jean a été invité à faire du ski à Cypress, au nord de la ville, par des amis et leurs filles, et nous sommes partis chez Lance et Kathy à vélo sous la neige pour prendre un brunch avec eux avant d'aller faire des raquettes dans la forêt. Les arbres étaient magnifiques, et nous avons découvert grâce à Lance d'anciennes cabanes cachées dans les arbres, et tolérées par le parc à condition qu'elles soient entretenues par leurs propriétaires. Elles ont un charme désuet, ces cabanes sans électricité qui ont été transmises à leurs propriétaires actuels de génération en génération. Ce bol d'air frais en montagne nous a fait le plus grand bien, car, au cas où vous ne le sauriez pas, Xtophe n'est pas un homme des villes, et la visite de la Gallery of Fine Arts samedi, avec son exposition des œuvres d'Emily Carr, artiste locale qui fait la fierté de la Colombie Britannique, n'a pas été suffisante pour étancher sa soif de nature... Pourtant, elle peint de magnifiques forêts et des mats totémiques haida... Il a failli tourner grognon. Jean, lui, était tout content de découvrir la cuisine japonaise, même si sa dextérité à utiliser les baguettes laisse encore à désirer. Vancouver doit posséder la plus grande concentration de restaurants japonais au km2 !
Nous nous sentons bien à Vancouver. Malgré la laideur de certains immeubles, malgré la pauvreté de certains quartiers où les mendiants ont installé leurs pancartes, leur couverture, leur chien, la ville possède un charme lié en grande partie à sa localisation exceptionnelle entre océan et montagnes, et à l'ambiance bon enfant qui y règne, en particulier dans notre quartier.
Je reste dubitative devant le luxe déployé dans certaines rues, avec ces duplex offerts à la vue et éclairés toute la nuit, ces gratte-ciel qui écrasent les bâtiments historiques, lorsqu'ils ne les remplacent pas carrément. Tophe a du mal à reconnaître des quartiers qu'il a découverts il y a 25 ans. Jean s'amuse à répertorier les voitures de luxe et, désespéré par mon ignorance, m'enseigne patiemment les marques : Lamborghini, Ferrari, Mercedes, Bentley, Porsche... Pas encore vu de marque française... Régulièrement, les Limousines passent.
Nous ressentons très fort l'atmosphère paisible qui prévaut ici : les gens semblent prendre le temps. Depuis la caissière de supermarché de l'équipe de nuit qui s'est levée à 4h30 l'après-midi, a le sourire à 20h lorsque j'achète le pain en sortant du cinéma, jusqu'au proviseur du lycée de Jean qui répond personnellement à un mail, en passant par les personnes âgées qui vendent des livres d'occasion pour réunir des fonds pour les SDF. Nous remarquons que là où une seule personne travaillerait en France, au moins trois sont embauchées au Canada. Les salaires restent élevés, mais le travail doit être bien moins taxé que chez nous. Et pas de restrictions horaires : tout est ouvert tout le temps, dimanche compris, que ce soit les banques, les magasins, la poste...
Les gens ont l'air d'être disponibles, de beaucoup sortir - très tôt d'ailleurs car ici le dîner est à 18h -, faire partie d'un club ou s'engager dans des associations, aller faire du ski après leur journée de travail...
Les vélos (ça y est, nous avons tous les 3 des vélos !) sont restés au sec ce matin, et les garçons ont pris le bus pour aller à l'école (Jean) et à la fac (Xtophe). Et moi, j'en profite pour commencer la journée au centre de Yoga situé à 10 min à pied de chez nous. En fait, il existe des centres à tous les coins de rue, et j'ai une carte pour aller essayer tous les cours que je veux pendant un mois !
Sinon, j'ai été invitée à une exposition de quilts (où j'ai rencontré des hommes quilters très doués. Eh, oui, Messieurs, la couture vous attend !), et je me joins demain à un club de livres (et pas du 3ème âge, j'imagine déjà les sourires ironiques de mes frères / beau-frères...).
J'attends que l'école de Jean me recontacte pour y intervenir, et que notre amie Monique, formatrice des profs de français en écoles d'immersion, rentre de voyage, car j'aimerais en connaître davantage sur son fonctionnement si différent du nôtre. Apparemment, il ne fait pas l'unanimité chez les Canadiens qui le qualifient de médiocre (Pourtant j'ai lu une étude qui affirme que les écoles canadiennes se classent parmi les meilleures au monde aux tests), mais il est fort apprécié de Jean qui vient d'apprendre à faire un chausson aux légumes (je compte bien qu'il le reproduise à la maison !) en binôme. Il a aussi dû apprendre toutes les provinces et capitales du Canada ( moins drôle pour lui, mais maintenant, moi, je suis incollable !). Il s'est fait des copains en classe de sport. En cours d'anglais 2nde langue, il est seul parmi une vingtaine d'Asiatiques, hormis une occidentale dont il ne connaît pas encore l'origine. Les écoles publiques canadiennes acceptent des étudiants internationaux depuis les années 80 et ont su développer des infrastructures et du soutien performants pour ces élèves. J'ai appris que le Canada dépensait davantage pour l'école que tout autre pays du G8, et que ses profs étaient très bien formés, et bien payés.
Jean part tous les matins avec son lunch box et rentre vers 15h30, sauf que la semaine dernière, il s'est un peu perdu à vélo dans Vancouver et n'est arrivé qu'à 16h30 !
Il me dit que nous aurions du mal à accepter le bruit, les portables en classe, la nourriture... Par contre, la relation aux profs est beaucoup plus détendue, moins hiérarchique et formelle.
Autre particularité de l'organisation de l'école : la formation des profs, ainsi que le travail d'équipe inter-écoles a lieu un jour par mois, et les enfants n'ont pas cours ce jour-là. Donc pas d'absences continuelles des profs pour stages.
J'ai hâte d'en savoir davantage !
La semaine dernière, j'ai rencontré Elsie qui m'avait tant aidée à trouver un logement, bien que nous ne nous connaissions pas. Je l'ai invitée à manger "à la maison", puis nous avons fait une balade au soleil dans Stanley park. Elle est vraiment adorable, m'a apporté de bons bouquins, un banc et tapis de méditation, de la confiture de cranberries, du vin fait maison (mélange de jus de raisin + activateur de fermentation... Interesting...). Nous l'avons bu le soir avec des copains canadiens qui nous ont apporté leur clé de voiture dont nous pourrons disposer jusqu'à leur retour de Nouvelle Zélande le 7 avril. La chance !
Tophe, lui, est tout contant d'aller au boulot à vélo, savoure le fait de pouvoir se concentrer sur ses articles sans être dérangé en permanence.
Et vous ? Comment allez-vous ? Et notre jolie France ? Nous voulons tout savoir !
Je regarde par la fenêtre, il neige encore, et je pense à vous. Les garçons m'ont chargée de vous embrasser très fort, aussi.
Domie
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