| totems Haidas |
| sculpture moderne |
| quilt réalisé par un Homme (grand H) |
| Depuis chez nous, il pleut... |
| ou il neige ! |
| Jean aux JO |
| la plage enneigée |
| Elsie |
| vue de Vancouver depuis le Sud |
Chers tous,
troisième épisode de notre chronique
canadienne, pour ceux qui sont accro. Pour les autres, la corbeille
est une autre option, voire « expéditeur indésirable ».
Commençons par les petits rien qui
émaillent la vie et qui pourtant, ici, lui donnent sa tonalité de
la semaine. Tous ces menus détails qui, à la maison, passent
inaperçus ou sont instantanément oubliés, parce-qu'ils sont
enfouis dans le quotidien. N'avez-vous pas l'impression que lorsqu'on
vit, même peu de temps, dans un milieu qui n'est pas encore le sien,
les yeux s'ouvrent plus grand, les oreilles sont plus alertes, tous
les sens davantage en éveil ?
Premier coup de projecteur : une
très vieille dame, toute fluette, beau visage calme, casquette rose,
survêtement rose, assise toute seule par 3°C sur un banc, et posé
sur son déambulateur, un écriteau : bully victim (victime
de violences). Je passe avec mon sac-à-dos plein de courses,
m'arrête, retourne sur mes pas et tends une pièce à la petite
mamie. Je m'aperçois qu'elle est presque aveugle et lui parle. Pas
de chance, la voilà aussi à moitié sourde ! Quand elle
réalise que je l'ai prise pour une mendiante, elle éclate de rire
et me dit qu'elle manifeste juste pour « bully day », et
que, « comment ? Vous n'êtes pas au courant ? Tout
le monde est habillé en rose aujourd'hui !». Zut, comme
d'habitude, je n'ai pas lu le journal... Je m'excuse et papote un
moment avec cette petite dame de 92 ans qui me confie qu'elle a
elle-même subi des violences dans sa vie, mais qu'elle n'a pas envie
d'en parler, et qu'il faut profiter de la vie, et encore plus
lorsqu'on est vieux car elle nous file entre les mains. Elle m'a
touchée, cette mamie. S'il m'arrive d'avoir un jour 92 ans, aurai-je
envie d'aller manifester en déambulateur dans la rue, habillée tout
en rose ?
Je suis encore étonnée par l'esprit
de solidarité qui règne entre personnes d'un même quartier, comme
en témoignent les multiples activités proposées à tous par des
volontaires ou salariés de la ville : bricoler son vélo,
dresser son chien, méditer, se retrouver entre gays, parler de sa
dépression, marcher... Peut-être existe-t-il en ville des choses
similaires en France, je n'en ai pas conscience.
Autre gros plan : nettoyer les
vitres d'un gratte-ciel : Eh bien, il suffit de s'acheter une
bonne corde d'escalade, un jumard, un seau et une raclette à vitres,
aimer passer sa journée entière dehors, doucement se laisser
glisser le long de la première rangée de vitres, et surtout, ne pas
se désespérer devant l'ampleur de la tâche ! Dingue ! Nous
sommes un peuple de fourmis dont la tâche n'est jamais achevée...
Et comme de nouveaux gratte-ciel sortent de terre tous les jours...
D'ailleurs, celui qui pousse devant notre immeuble aura tôt fait de
nous cacher la partie la plus enneigée de la montagne. Pas de
chance, il ne nous en reste plus qu'un tout petit bout, qui aura
disparu dans une semaine... Il sera alors presque temps de déménager.
Car oui, d'ici le mois de mars, nous
aurons migré à 2 blocs d'ici dans un appartement un peu plus grand
que nous louent encore nos copines Ness et Eva (Pour les connaître,
taper Ness Murby sur Google, et vous verrez que Ness est une athlète
hors du commun qui, en tant qu'aveugle, s'entraîne pour les
Paralympiques de Rio) qui préfèrent éviter l'expropriation
(apparemment, la sous-location que nous avons signée avec elles
n'est pas tout à fait légale). Nous perdrons en vue (snif, je
m'étais habituée à m'endormir à la lueur des gratte-ciel, avec
des scènes de vie en face de la nôtre...) mais gagnerons un peu en
confort.
La ville a son charme (dont nous avons
d'ailleurs profité hier en allant goûter la bière canadienne
(bonne!) dans un pub en bas de chez nous pendant que Jean faisait du
futsal. Pour ceux qui nous connaissent, voilà un événement
exceptionnel !), certes, mais la montagne nous attire, et nous
avons étrenné la vieille caisse automatique de nos copains pour
aller faire du ski de fond samedi.
Le lendemain, temps pourri, et visite à
vélo de Yaletown, ancien quartier de docks joliment restauré, avant
de plonger dans l'univers si particulier de Chinatown. Comment
imaginer que nous sommes encore à Vancouver ? C'est sûr, j'y
retournerai sans mon vélo pour prendre le temps de humer le parfum
(ou plutôt les odeurs !) du gingembre, poissons ou crevettes séchés,
et autres aliments si différents de ceux que nous utilisons au
quotidien. Nous nous sommes réchauffés dans un petit restaurant
chinois archi bondé, c'était chouette.
Pendant que Jean retrouvait facilement
son chemin jusqu'à « la maison », j'ai invité Tophe à
venir faire du Yoga Ride dans le centre de yoga que je fréquente
assidûment. Entendez par là une judicieuse combinaison entre yoga
et vélo : tu pédales sur un vélo fixe, doucement, plus vite,
encore plus vite, tu alternes, le cœur bat à fond la caisse, tu
sues et ça coule partout (Tophe), et au bout de ¾ h tu fais
quelques mouvements de « yoga » pour faire semblant que
ça fait du bien, le tout sur une musique d'enfer. Je n'avais pas mis
ça dans mon programme de yoga, j'avais bien fait ! Maintenant
que je sais, je ne ferai plus ! On apprend avec l'expérience...
Tophe préfère le vélo en plein air, bizarre.
Autre découverte : le ciné
canadien : une odeur de friture qui vous prend à la gorge, des
sacs de pop corn géants, des pubs à n'en plus finir, beaucoup de
bruit (prendre les boules quiès la prochaine fois), un monceau de
détritus à la fin de la séance, et un film que nous avons trouvé
très moyen (Gloria). Mais une bonne ambiance avec des gens qui
aiment bien parler aux voisins.
Ah oui, le book club : très
rigolo. Je craignais de ne pas tout comprendre et me retrouver avec
des intellectuelles sérieuses (en plus, je n'avais lu le bouquin
qu'au tiers, ne l'ayant emprunté que quelques jours auparavant à la
bibliothèque) : pas du tout ! 6 dames sportives pour la moitié,
quelques considérations intéressantes sur le bouquin (quand même),
du thé et du gâteau, et de bons fous rires ! J'ai passé le
test et je suis invitée à y revenir (ouf!).
Et puis, je suis sollicitée pour
donner des cours de français, et j'attends encore d'aller visiter
des écoles canadiennes.
Et mes hommes ? Ils bossent !
Jean complète son cursus d'anglais avec sa maman adorée qui trouve
que ses progrès tardent un peu, et tophe commence à rêver à notre
bike trip dans le Montana. La route s'est bizarrement transformée en
piste depuis notre dernière mise au point, pourvu que les montagnes
ne prennent pas de la hauteur ou les 50 km journaliers n'en
deviennent pas 100... Il ne me resterait plus qu'à me mettre au Yoga
Ride, et là, je refuse !!!
Nous nous embrassons très très fort,
et pensons à vous, famille, amis.
Domie Xtophe Jean
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